mardi 8 février 2011

Fly flag days

Cette fin de semaine, notre famille royale d’adoption fêtait deux fois plutôt qu’une. En effet, le 5 février,  c’était l’anniversaire de Mary, l’épouse du prince héritier, et le 6 celui de Marie, la femme du prince Joachim.
Marie et le prince Joachim. Le jour de leur mariage devait certainement être un Flag fly day!
Pour souligner le mariage du prince Frederik et de Mary, Carlsberg avait brassé une bière spéciale. C'est peut-être mieux que des drapeaux!!

Pour l’occasion, c’est tout le Danemark qui célèbre puisqu’il s’agit de « Flag fly days ». C’est-à-dire qu’on sort les drapeaux. Tous les autobus sont parés de deux drapeaux à l’avant du toit. Les magasins plantent un drapeau à côté de la porte.

Il ne faudrait pas croire que seules les princesses ont droit à ce témoignage d’amour. Il y a bien sûr tout un calendrier de Flag fly day, mais même les simples citoyens ont droit à un drapeau le jour de leur fête. Au travail d’Antoine, il y a un drapeau accroché à un mat d’un peu moins de 2m qui se promène d’un bureau à l’autre selon les anniversaires.

Cependant, ces dernières semaines, ce ne sont pas les anniversaires des princesses qui ont retenu l’attention des tabloïds. C’est plutôt l’arrivée de deux nouveaux membres dans la famille qui a captivé les journalistes et les photographes. Au début du mois de janvier, la princesse Mary a donné naissance à un couple de jumeaux (un garçon et une fille). Comme l’hôpital universitaire est prêt de chez nous, même le journal du quartier a publié une photo du couple héritier partant de l’hôpital avec leurs nouveau-nés.

Je n'ai évidement pu résister à l'achat d'un magazine avec tout plein de photos des bébés!

Quant à la teneur des articles, ils n’avaient rien à envier à ce qui a dû s’écrire au sujet de nos jumeaux royaux, Eddy et Nelson (les enfants de Céline Dion). En plus, d’avoir droit aux photos de tout ceux qui sont venus visité la famille royale à l’hôpital et de noter tout ceux qui ne sont pas venus, les journaux ont tenté de chercher les ressemblances entre les bébés et leurs aînés, Christian et Isabella. Il y a aussi eu un article citant une experte en éducation de jumeaux qui mettait les parents en garde contre le surplus d’attention dont allait bénéficier les jumeaux par rapport à leur frère et à leur sœur. A-t-elle oublié que Christian deviendra roi un jour? Difficile de croire qu’il puisse manquer d’attention!

D’autres articles se questionnaient à savoir s’il était préférable que les enfants aient des noms traditionnels ou plus modernes. Il faut dire qu’ici la tradition en matière de prénoms et de noms de famille est très forte. Les hommes s’appellent tous Peter, Jorgen, Poul ou Ole. Du côté des femmes, les Else, Birgitte, Lise, Lisbeth sont très nombreuses. Quant aux noms de famille, ils ne sont pas très diversifiés non plus : Andersen, Petersen, Jacobsen, Nielsen. Depuis 500 ans, les rois s’appellent Christian et Frederik en alternance. La reine Margrethe vient briser la chaîne, mais elle s’est assurée de la rétablir en prénommant le prince héritier Frederik qui a lui-même choisi d’appeler son fils aîné Christian... Il y a donc des domaines où les Danois ne font pas preuve de beaucoup d’imagination!


dimanche 6 février 2011

Chronique bière bis

Qui l’eut crû? Par la force des choses, me voilà contrainte d’écrire une deuxième chronique bière!

Samedi, nous sommes allés visiter le musée Carlsberg. Nous n’avions pas beaucoup d’attente, mais finalement la visite nous a ravi et pas seulement à cause des deux bières gratuites!
Le slogan de Carlsberg est "Probably the best beer in the world". Pourrait-on imaginer une entreprise américaine choisir un slogan aussi nuancé??

Alors qu’Antoine s’est surtout intéressé aux principes de fabrication, je me suis passionnée pour l’aspect historique de cette entreprise fondée par J.C. Jacobsen au milieu du 19e siècle. Il a nommé la brasserie selon le prénom de son fils Carl et l’endroit où il a installé l’usine, soit les « hauteurs » de Valby qui était à l’époque à l’extérieur de la ville.

Depuis notre arrivée, nous constatons que les Danois sont de grands buveurs de bière. Cela ne date pas d’hier. Depuis l’an 1000, la bière fait partie du régime alimentaire des Scandinaves. En 1620, le roi de l’époque (un Christian ou un Frederik) a décidé de taxer la bière. C’était une décision lucrative puisqu’en raison d’une alimentation très salée, chaque individu buvait entre 10 et 30 litres de bière... par jour!!! On se demande toujours comment cela est humainement possible!

Il y avait également un aspect scientifique intéressant puisque M. Jacobsen a encouragé les nouvelles techniques, la recherche et l’innovation. Son équipe de scientifiques a même partagé ses recherches sur les levures avec Pasteur. C'est dans les laboratoires de Carlsberg qu'a été développée l'échelle ph.

Les Jacobsen sont également des mécènes importants pour la ville puisqu’ils ont beaucoup contribué à rendre l’art accessible au public. Un magnifique musée d’art porte d’ailleurs le nom de leur entreprise. Ce sont également eux qui ont commandé la Petite Sirène.


Lors de la visite nous avons pu voir la plus importante collection de bouteilles de bière (pleines) au monde. Lors du dernier décompte, le 16 janvier, elle comptait 19 684 bouteilles. Il y a des bières de partout dans le monde. Nous n’avons pas trouvé de Molson Ex, mais nous avons vu des Miller, Coors et Budweiser. En plus des bières de Noël et de Pâques (vous pouvez maintenant vous attendre à une troisième chronique bière), nous avons vu des bouteilles de toutes les couleurs et de tous les formats. Parfois, l’innovation va jusqu’à embouteiller de la bière dans un contenant en plastique (genre 2 litres de Pepsi), un carton de lait ou des bouteilles de métal!

Il y a plein de bières avec des étiquettes spéciales. Celle de gauche souligne la première liaison de SAS vers les États-Unis en passant par le cercle polaire, en 1954.

Quant aux bières gratuites... Antoine en a profité pour chercher SA sorte. Il semble que ce soit la Tuborg classique (Tuborg fait partie de Carlsberg depuis les années 1970). Il est vrai que la Carlsberg spéciale a une amertume très prononcée et que la Grøn Tuborg (une pilsner) ne goûte pas grand chose.


C’est donc autour d’une table de babyfoot que notre après-midi s’est terminé. Ce qui a donné la phrase très improbable, « Je ne peux pas te parler, je suis dans un bar avec les enfants, en train de jouer au babyfoot !» Il faut préciser que c’est probablement le bar qui a le « last-call » le plus tôt, soit à 17h!

vendredi 4 février 2011

Problèmes de transport

Cet automne, nous nous sommes réjouis de ne pas être en France et d’éviter les grèves. Il semble que celles-ci nous aient rattrapées !
Jeudi matin, les chauffeurs d’autobus de tout le pays ont déclenché une grève illégale d’une journée. Ils dénonçaient le fait d’avoir à payer une formation obligatoire. Au fil de la journée, les employés de l’aéroport et les postiers ont aussi débrayé. Dans leurs cas, ils manifestaient contre des modifications que le gouvernement veut apporter au régime de retraite. La preuve que ça ressemble à la France ici ! En tout, 2800 employés ont fait la grève ce qui a touché 35 entreprises, surtout dans le secteur public.
Rien dans les médias ne nous avait avertis de cet arrêt de travail. C’est le patron d’Antoine qui l’a prévenu et lui a offert un « lift » pour se rendre au bureau. Mercredi, j’avais demandé à un chauffeur qui m’a répondu en danois… le seul mot que j’avais compris était « måske » (mosqué) qui signifie peut-être. Je n’étais pas très avancée !!
Jeudi, nous avons donc donné congé d’école à Marie. Elle nous a proposé plusieurs alternatives, mais nous avons préféré qu’elle reste à la maison. Je craignais qu’au milieu de la journée les conducteurs de train décident eux aussi de faire la grève. Marie aurait été coincée à l’autre bout de la ville.
Finalement, elle et Louis-Philippe ont profité de cette journée pour dormir un peu plus tard et  jouer dans la cour.



Cette semaine, nous avons vraiment eu des problèmes dans nos déplacements puisque lundi la poussette de Louis-Philippe s’est cassée alors que je traversais la rue.

Comme vous vous en doutez en voyant la photo, j’ai dû revenir à la maison pour ressortir la vieille. Dans cette poussette, le jeu préféré de Louis-Philippe est de se laisser traîner les pieds par terre ou de bloquer les roues avec ses pieds !!
J’ai rapporté la poussette brisée au magasin puisque je l’ai acheté à la fin-novembre. Tout ce que la vendeuse à l’air accusateur trouvait à me dire (en anglais) c’était « Je n’ai jamais vu ça ». « Moi non, plus », lui ai-je répondu ! Comme elle ne parlait que danois, elle m’a dit que la gérante (qui parle anglais) allait me téléphoner jeudi. Évidemment, je n’ai toujours pas eu de nouvelles ! Ah ! le service à la clientèle !!

Heureusement Mon Char va bien, lui. Antoine a d’ailleurs amené les enfants voir la Petite Sirène dimanche dernier en vélo. Ils étaient bien contents. Ça fait étrange de faire de la bicyclette en janvier et février !

Je ne vous en avais pas parler parce que je savais que sans preuve je n'aurais aucune crédibilité, mais il y a un arbuste en fleurs dans la cour! Même Antoine ne me croyait pas avant que je lui montre! Moi-même, j'y suis retournée plusieurs fois pour être certaine que j'avais bien vu... Ah! la confiance en soi, ce n'est pas donnée à tout le monde!


mardi 1 février 2011

Un mois aux musées


Depuis notre arrivée ici, on se disait qu’en janvier, ce serait l’occasion de visiter des musées. C’est ce que nous avons fait. Il y a eu cinq fins de semaine en janvier, nous avons visité six musées!

Nous avons commencé dès le 2 janvier par le National Museet avec mon frère et mes parents. Cet ancien palais princier abrite les collections royales depuis 1848. On y trouve également une exposition sur l’histoire du Danemark et un musée des enfants. L’engouement des enfants pour cette partie du musée a bien prouvé qu’ils n’en étaient pas à leur première visite!


Par la suite, nous avons découvert qu’en achetant un billet d’entrée pour l’un des musée situés dans le secteur Slotsholmen, on pouvait entrer gratuitement  dans les autres. Ce secteur de la ville est délimité par le canal Holmen. On y retrouve notamment le Parlement, la Bourse et ...plusieurs musées!

Nous avons particulièrement aimé les ruines souterraines de la forteresse de l’évêque Absalon. Elles sont situées sous le Parlement. L’atmosphère y est très étrange. Il fait très sombre et très humide. C’est fascinant!


La semaine suivante, nous sommes retournés à Christiansborgslot pour visiter les appartements de réception de la Reine. Oui, la Reine reçoit les dignitaires dans une aile du Parlement et non, à Amalienborg, son palais. C’est d’ailleurs là que la Reine a célébré son 70e anniversaire en mai dernier. Ce doit être un symbole de la monarchie constitutionnelle.




Évidemment en entrant dans ces salles où l’ameublement et la décoration n’ont rien à voir avec le catalogue IKEA (ça nous change un peu!), Marie et moi avions une légère tendance à nous prendre pour des princesses. C’est d’autant plus facile pour Marie que les épouses des princes s’appellent : Mary et Marie. Les responsables des visites ont prévu que les visiteurs allaient se prendre pour des membres de la famille royale, alors pour nous rappeler notre condition de roturier, il faut enfiler des chaussons en papier bleu par-dessus nos bottes. Il faut l’imagination de Marie pour continuer de faire des révérences sur l’avant-dernière marche du grand escalier!

En sortant de notre visite, nous nous sommes retrouvés dans un décor londonien. La brume était très épaisse. Tout était fantomatique.


Slotsholmen comprend l’un des bâtiments les plus récents de Copenhague, le Diamant noir- Bibliothèque Royale. La partie moderne, le Diamant noir, a été inaugurée en 1999. Les salles de lectures de la vieille partie sont telles qu’on l’imagine dans une vieille université, longues tables, lampes de lecture à abat-jour vert, boiseries... L’extension est très aérée, la lumière naturelle y abonde.

La vue est magnifique puisque les grandes fenêtres de l’atrium donne sur le grand canal et font face au quartier de Christianshavn.

Avec Louis-Philippe, j’ai été au musée juif danois. La partie la plus intéressante était celle concernant la Deuxième Guerre mondiale. Même si le pays était occupé par les Nazis, les Danois ont réussi à ce que les Juifs n’aient jamais à porter l’étoile jaune. Quand une rafle est devenue imminente, les Danois ont réussi à les faire passer en Suède (neutre). En 1943, 7000 personnes ont traversé l’Øresund. Moins de 450 Juifs se sont retrouvés dans un camp de travail et aucun n’a été envoyé dans un camp de concentration. À la fin de la guerre, quand ils sont rentrés à Copenhague, les Juifs ont retrouvé leur appartement dans l’état où ils l’avaient laissé.

Nous avons terminé le mois de janvier au musée du théâtre. On n’a pas compris grand chose puisque toutes les explications étaient en danois... Les enfants, eux, se sont bien amusés puisqu’ils pouvaient monter sur la scène de cet ancien théâtre royal. De déclamation de poésie en salut à une foule imaginaire en délire, Marie et Louis-Philippe ne voulaient plus partir.

vendredi 28 janvier 2011

Solen skinner (Le soleil brille... enfin)

Pour la première fois depuis très longtemps, il y avait quelques lueurs au moment où nous sommes partis pour l’école, ce matin, à 7h20. Les immeubles se découpaient sur un ciel qui montrait un magnifique dégradé de bleu. Du bleu pâle au bleu le plus sombre. À la transition entre les lueurs du jour et la noirceur de la nuit, l’étoile polaire.
Le ciel était magnifique. Ça aurait été une photo splendide, mais pour une rare fois, nous n’étions pas en retard pour l’école... Durant le trajet en autobus, à chaque intersection avec une grande avenue, on voyait changer les couleurs de l’horizon. Le bleu pâle montait dans le ciel et laissait la place à de plus en plus de jaune et d’orangé.
C’est donc au moment où les lampadaires s’éteignaient que nous sommes arrivés à l’école. Pour la première fois en deux mois, nous entrions dans la cour, sans avoir le sentiment d’y arriver au milieu de la nuit.
Même si le trajet est un peu plus long, j’ai choisi de rentrer en prenant le 15 afin de pouvoir admirer le lever du soleil sur la ville. Je n’ai pas été déçue. Le soleil qui se lève au milieu du canal, entre les bateaux, à Nyhavn, juste pour cet instant le détour en valait la peine.
Aujourd’hui, c’est la première fois depuis deux mois que la lumière du soleil n’est pas celle d’un soleil couchant, même à midi. La lumière qui entrait ce matin dans la maison n’était pas dorée comme celle d’une fin d’après-midi. On retrouve donc l’espoir de s’asseoir sur le balcon!!!

Les rayons du soleil nous font presqu’oublier le froid qui sévit aujourd’hui. Il faisait environ -10˚C ce matin. C’est un changement avec les dernières semaines puisque depuis le début de l’année, le mercure se tenait plutôt autour du 0˚C. (Notez que je ne dis pas cela pour narguer ceux qui ont dû survivre à la vague de froid. J’étais tellement avec vous, que j’étais sur le point de respecter la demande d’Hydro-Québec de limiter la consommation d’électricité. C’était  jusqu’à ce que je réalise que le fait de ne pas faire de lavage à Copenhague ne donnerait pas plus de courant à Montréal! En plus, ça ferait un peu loin à Thierry Vandal pour venir me gronder!!)

Même si le calendrier nous indique que nous sommes toujours au mois de janvier, nous avons l’impression d’être au mois de mars. Tout le laisse croire. La douceur du temps, l’odeur de terre humide, les fréquents épisodes de brume, l’absence de neige, , les tulipes qui sont en vente partout depuis la mi-décembre... Le détail le plus important, les bruits de vie. Quand on ouvre la fenêtre pour aérer (et le temps s’y prête), on entend les enfants dans la cour, des bruits de scie, le chant des petits et des gros oiseaux.
Évidemment, avec le « printemps » reviennent les chicanes de filles au sujet de la corde à danser!!! Quant aux garçons, ils n’ont jamais abandonné leur ballon rond!!
Coucher de soleil sur le lac (au bout de la rue), le 21 janvier, à 16h.

Cette chronique peut sembler un peu trop enthousiaste ou euphorique, mais rappelez-vous que nous avons commencé à porter des manteaux dès notre arrivée à la mi-août et que j’ai passé le début de l’été enfermé dans la maison à faire des boîtes en vue de notre départ ici.

Le soleil se lève à 8h11 et se couche à 16h34.

samedi 22 janvier 2011

Le ministère de la Fée des dents

Alors que la Commune laisse les citoyens se débrouiller avec la neige qui s’accumule sur les trottoirs, elle a un ministère de la Fée des dents.
Fin novembre, il a fallu prendre rendez-vous avec un dentiste pour Marie. À ce moment-là, je ne croyais pas avoir à me frotter d’aussi près à la lourdeur de l’État-providence. J’ai demandé à une amie le nom de son dentiste, en espérant que celui-ci  accepte de nous prendre.  Or, ce n’est pas si simple.
Les frais dentaires pour les enfants sont couverts par l’assurance-maladie danoise, mais on ne peut pas aller voir le dentiste que l’on veut. Croyant qu’on m’en assignerait un (comme c’est le cas avec le médecin), je suis allée à la Commune pour demander les coordonnés de MON dentiste. On m’a alors informé que les dentistes pour enfants relèvent des écoles. Il fallait donc voir avec l’école de Marie. Dans le cas de l’école française, on ne pouvait pas me dire si ça fonctionnait de la même façon.
Je me suis renseignée auprès d’une secrétaire qui m’a référée à sa collègue qui est au bureau trois jours par semaine selon des plages horaires très précises...
J’ai donc décidé de retourner à la Commune. On m’a donné un petit numéro et on m’a fait attendre quelques minutes avant qu’une employée chargée des services sociaux m’amène dans son bureau. Après l’explication de mon cas, elle a fouillé dans son grand ordinateur pour finalement me donner un numéro de téléphone. Il s’agissait des coordonnées du service responsable de la santé dentaire des enfants au ministère de la Santé.
Je suis repartie avec mon petit papier. La dame que j’ai eu au bout du fil m’a donné un autre numéro de téléphone...
Je croyais qu’il s’agissait d’un autre service du ministère. Je réexplique la situation. En donnant le numéro de CPR (le code qui ouvre toutes les portes du système public) de Marie, la dame me dit, qu’elle vient de m’envoyer une convocation à un rendez-vous pour Louis-Philippe. Je n’y comprends plus rien. Où est-ce que je suis? Comment elle sait le nom de mon fils? Avec un tel prénom, aucun Danois ne peut l’imaginer. Je lui réexplique que c’est pour Marie que je veux un rendez-vous. Elle m’assure qu’elle a compris, mais que tous les enfants de deux ans reçoivent une convocation chez le dentiste. Elle me donne finalement un rendez-vous pour Marie. C’est à ce moment que je comprends que je suis à la clinique dentaire. Enfin!
Quelques jours plus tard, arrive le carton concernant le rendez-vous de Louis-Philippe. Les deux enfants ont rendez-vous dans la même semaine, mais pas en même temps... Heureusement que j’ai téléphoné pour Marie, sinon je n’aurais rien compris à cette carte postale.
À la date convenue pour le rendez-vous de Marie, je me rends chez le dentiste dont le bureau est situé au sous-sol d’une énorme école primaire à l’autre bout du quartier. Marie manque un après-midi d’école puisque celle-ci est située à l’autre bout de la ville. En me voyant, la secrétaire m’explique que le rendez-vous est annulé. Elle a essayé de m’avertir, mais elle avait oublié de prendre mon numéro de téléphone.
C’est en retournant à la maison en autobus que je me suis fait voler mon portefeuille...
Deux jours plus tard, je refais le périple avec Louis-Philippe. Je croyais qu’il s’agissait d’un examen dentaire, mais c’était davantage un bilan de santé. Le but de ce rendez-vous est d’établir un contact avec les parents et de leur donner des conseils sur la santé buccale de leur enfant. La sympathique technicienne tente de son mieux de me traduire en anglais les questions. J’étais un peu gênée d’utiliser des fonds publics pour un tel rendez-vous alors que nous restons ici seulement pour quelques mois encore.
Louis-Philippe est maintenant fiché au ministère de la Fée des dents. Comme un numéro de CPR est valide à vie, si un jour Louis-Philippe revient vivre au Danemark, on saura que son père a une prémolaire de bébé...
Quant à Marie, c’est le fait que ses dents d’adultes poussent derrière ses dents de lait sans que celles-ci tombent qui avait déclenché tout ce branle-bas. Lorsqu’on a finalement vu la dentiste, elle a dit d’attendre! La petite dent finira bien par tomber! Marie est donc ressortie très déçue de ce rendez-vous manqué avec la Fée des dents. Un mois plus tard, il semble que ce ne soit plus qu’une question de temps!

Avant cet épisode, j’avais l’impression qu’il n’y avait pas de cliniques dentaires dans notre quartier. Maintenant que je sais que « tand » signifie dent, je constate qu’il y en a plusieurs près de chez-nous et une à côté de l’école de Marie... mais il fallait aller voir la clinique que la Fée des dents a choisi pour nous. Elle a probablement adopté une gestion par quartier!

Dans le même système de santé, mon amie sortira de l’hôpital dans les deux heures suivant son accouchement, restrictions budgétaires obligent! C’est probablement qu’on manque de lits d’hôpitaux, mais pas de bureaucrates!!  (Avec une pareille réflexion, est-ce que le vent de droite qui souffle sur l’Europe serait en train de m’atteindre???)

lundi 17 janvier 2011

Une petite broue?

(Je sais le 17 janvier, c’est un peu tard pour une chronique bière de Noël, mais ce sera sûrement la seule de ma vie, alors profitez-en!)

Il n’y a pas qu’en Amérique qu’on commercialise la fête de Noël. Nous avons découvert qu’ici, il y a toute une culture de la bière de Noël.

Le 5 novembre, c’est le J-dag (Jour J), c’est-à-dire le lancement officiel de la bière de Noël brassée par Tuborg. Il y a des affiches bleues devant les bars, les dépanneurs... Auparavant, cette bière était lancée un mercredi, après des pressions des écoles, l’événement a maintenant lieu un vendredi. Ainsi, tous peuvent cuver leur broue durant la fin de semaine.
Il faut dire que cette bière a un taux d’alcool (5,6%) plus élevé que la Carlsberg ou la Grøn Tuborg. C’est une bière rousse alors que les deux autres sont blondes du genre de la Budweiser.

Sur ce lien http://www.tuborg.dk/kampagner/jdag/ vous pouvez voir la pub qui était diffusée à la télé.  Il y a également des produits dérivés au couleur de cette bière des Fêtes (serviette, chandail et même boxer!)


D’autres brasseries, plus petites, font également des bières pour Noël. Nous avons été étonnés par leur couleur presque noire. Le goût était encore plus étonnant. Ça goûtait plus le rhum and Coke que la bière. Après avoir goûté quelques marques, Antoine a choisi d’offrir de la Julebryg (littéralement la broue de Noël) à sa visite! C’est probablement un signe...

Chronique météo
Alors ce matin, il fait -20C à Montréal???? Et bien c'est à mon tour d'avoir plus chaud que vous!!! Ici, il fait 5C! Pour vous donner le vrai portrait, il faut ajouter qu'il fait très gris. En plus des nuages qui ne laissent pas percer le soleil, il n'y a plus de neige, alors les rues et les trottoirs sont très sales.
Les jours rallongent, mais c'est encore très noir le matin jusqu'à 8h15. Officiellement le soleil se lève à 8h27 et se couche à 16h12. Dans le cas de la fin d'après-midi, c'est notable puisque le soleil se couchait à 15h30 à la mi-décembre. Marie se réjouit de revenir de l'école "de clarté".